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Faisons un peu d’histoire.
En 1674, François Provost reçoit, de la Compagnie des Indes occidentales, une seigneurie d’environ 23 000 acres à la Pointe-à-L’Orignac sur la rivière des Outaouais ou Grande rivière comme on la nommait à l’époque. D’héritier en héritière, la seigneurie devient la propriété des de Longueuil, une vieille famille française. Cette seigneurie est mise en vente par Paul-Joseph Le Moyne, chevalier de Longueuil en 1769 puis par son fils, Joseph-Dominique Emmanuel en 1784 sans trouver preneur. .
À la suite de l’Acte constitutionnel de 1791 qui divise la colonie en 2 : le Bas-Canada, en majorité francophone et le Haut-Canada qui serait arpenté et divisé pour les immigrants anglais et américains, la seigneurie de Pointe-à L’Orignal ou seigneurie de Longueuil comme elle est quelquefois connue, se trouve maintenant dans le territoire du Haut-Canada..
En 1796, un américain du nom de Nathaniel Hazard Treadwell s’en porte acquéreur pour 1000 guinées, soit environ 5000$ (environ $ 150,000 de 2008)... Né à Smithtown, N.Y., Nathaniel H. Treadwell, fils de Thomas Treadwell et Ann Hazard, fait ses études à Clinton Academy de East Hampton, Long Island et devient ingénieur civil et arpenteur.
En 1792, Nathaniel épouse Margaret Platt et en 1794, à l’âge de 26 ans il amène sa jeune femme au Canada. Ils s’établissent tout d’abord dans le Bas-Canada sur la rive nord de la rivière des Outaouais près de l’embouchure de la Rivière du Nord (auj. St-André-est).
En 1800, Nathaniel et sa famille s’établissent dans leur domaine seigneuriale et y accueillent les colons en majorité anglophone dans ce qui est maintenant connu comme le village de L’Orignal. Il construit un moulin à scie et à farine sur les bords du ruisseau Mill et habite à l’étage du dessus. Homme de forte stature, 6 pieds et 2½ pouces, il est bien connu pour son travail et son hospitalité. On le décrit comme ayant la culture d’un gentilhomme et l’endurance d’un bûcheron.
Ses travaux de colonisation prennent brusquement fin en 1812 lorsque la guerre éclate entre le Canada et les États-Unis. Treadwell et sa famille doivent retourner aux États-Unis et la seigneurie est confisquée par le gouvernement puisque Nathaniel n’avait toujours pas prêté le serment d’allégeance. La petite colonie continue cependant son lent progrès.
Charles Platt Treadwell, le deuxième fils de Nathaniel et Margaret poursuit ses études aux États.Unis et devient ingénieur civil et arpenteur comme son père. En 1824, il revient à L’Orignal et renoue les liens avec les colons et le gouvernement. Tâche dont il s’acquitte assez bien puisque le 1er mars 1827 il jure « foi et hommage » à Lord Dalhousie, gouverneur général de l’époque.
En 1834, Charles reçoit plus de 3000 acres de terre de plus en compensation des terres confisquées à son père en 1812 alors que ce dernier était seigneur de l’endroit. La même année, Charles Platt épouse Helen Macdonell. En 1835, il devient shérif des comtés unis de Prescott et Russell : poste qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1873. Ce titre apparaît d’ailleurs sur sa pierre tombale dans le cimetière de Cassburn.
Nathaniel Hazard Treadwell, retourné aux États-Unis depuis 1812, revient à L’Orignal avec son épouse Margaret en 1840. Ils y demeurent jusqu’à leur mort en 1856 et 1858 respectivement.
Il est difficile de rendre adéquatement la vie des seigneurs Treadwell en si peu de lignes. Pour en apprendre davantage il faudra vous rendre à l’Ancienne prison de L’Orignal pour y visiter l’exposition L’Orignal: ses origines seigneuriales et son histoire
L’Orignal, village patrimonial au charme ancestral, vous attend.
Louise Bédard, présidente de "Patrimoine L’Orignal-Longueuil Heritage"
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